16 octobre 2006

Concerto pour silences... éloquents

Ségolène Royal a expliqué qu'elle administrerait à l'Europe les mêmes remèdes qu'à la France si elle accédait à l'Elysée au printemps prochain : démocratie participative, ordre juste, politique par la preuve…

Elle rappelé qu’elle était contre l'adoption d'un « mini-traité » institutionnel européen rappelant que le rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais en 2005 avait été dommageable. Elle souhaite donc que les socialistes français se réconcilient avec l’Europe ! Convaincue que c’est elle qui aura la responsabilité de représenter la France qui présidera l’UE en 2008, son projet est de réinventer une Convention. Elle a mis au travail « son équipe » afin de préparer cette échéance et de « rédiger le texte de la réforme institutionnelle qui serait présentée aux peuples, le même jour, suivant la procédure que chaque pays aura choisie ». Belle idée... qui laisse de côté les Européens qui ont ratifié ce texte que Fabius a tant contribué à faire rejeter. Une politique de ronds dans l’eau...

Désolant et très regrettable de consater également que bien qu’insistant sur la nécessité de mettre en place des critères de convergence sociale entre les Etats-membres, S. Royal s’affranchit de  la proposition d'un traité social contenu dans le projet du PS, et fait silence sur la nécessité de défendre une directive-cadre sur les services d'intérêt général !

Aucune position personnelle sur la Turquie, sauf sa botte favorite : la langue de bois : « mon opinion est celle du peuple français », SOS sondages encore ! Intéressant de garder en mémoire la toute récente communication de la commission des sondages, organisme national chargé du contrôle des enquêtes d'opinion, a invité jeudi à « relativiser la pertinence et la signification des sondages » auprès des sympathisants PS, récemment publiés.

Entourée de ses porte-parole Gilles Savary et Arnaud Montebourg, l’un représentant du oui et l’autre du non à la Constitution européenne, S. Royal lors d’une réunion a estimé que le traité « n'est pas mort , mais caduc », offrant de profiter de « l'occasion exceptionnelle » du 50e anniversaire du traité de Rome pour « nous reposer la question de ce que nous voulons » en y associant les citoyens. Sans doute espère-t-elle un revirement d’opinion, tel que celui survenu chez certains acteurs de Rénover Maintenant réunis autour d’A. Montebourg…

Dire qu’à l’époque le co-fondateur de Rénover Maintenant expliquait l'existence de ce courant au non d’une volonté de transformation sociale, d’un combat pour la 6e République, au non d’une opposition ferme et « non négociable » au Traité constitutionnel européen. Après son ralliement qui lui a permis de se placer au sein de l’équipe Royal, il faut saluer l’honnêteté intellectuelle d’un certain nombre de ses membres, qui au non d’une fidélité aux idées fondatrices de leur courant, ont décidé de soutenir Laurent Fabius considérant qu’il « est  à ce jour, le seul candidat à avoir donné de réels gages politiques et programmatiques, affirmant un ancrage à gauche, ferme et clair ».

Pierre GRIMAUD NOW

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