26 décembre 2005

TRIBUNE DE MICHEL MAYER

D’un état de l’économie française...

Notre économie croît à un rythme ralenti, comparé à d’autres économies développées ou de puissances émergentes. Compte tenu de nos richesses et  de notre démographie, nous avons le choix entre une décadence programmée et une mobilisation pour un renouveau économique (mais pas seulement économique).

Le gouvernement actuel a fait siennes les options ultra libérales en vogue. Ces orientations conduisent à la disparition de la plupart des services publiques et à la remise en cause de nombre d’acquis sociaux.

A défaut de partager ces convictions ultralibérales, on peut s’interroger sur leur pertinence et leur efficacité à long terme pour améliorer la viabilité de la « maison France ». Cette école s’est trouvée, en France, un gourou, Michel Camdessus, ancien gouverneur de la Banque de France et ancien président du FMI, lequel a fait, dans un ouvrage, un ensemble de propositions. Nicolas Sarkozy en a fait immédiatement son livre de chevet.

Ces propositions reposent sur le recours à l’ajustement structurel qui donne le pouvoir à une oligarchie bureaucratique de se substituer aux dirigeants nationaux - il s’agit d’une mise sous tutelle – et sur une politique monétaire strictement contenue, se traduisant par un accroissement rapide de la misère et la régression, voire la disparition d’un ensemble de services publics (santé, école, par exemple dans les pays africains).

Elles visent surtout à ce que cette révolution économique ne soit pas réversible, en apportant des garanties contractuelles aux entreprises privées bénéficiaires du service public et en engageant la France dans une mondialisation dans laquelle les entités politiques ne jouent qu’un rôle subsidiaire aux puissances financières.

Partout où ces mesures ont été appliquées, cela s’est traduit par des échecs quant aux résultats, mais surtout par un accroissement de la misère, une déstabilisation politique, l’apparition de violences, de guerres civiles… toutes choses qui font le berceau du terrorisme d’aujourd’hui et probablement, plus grave, de celui de demain.

Nous avons refusé le totalitarisme marxiste léniniste parce que nous croyons en l’homme et dans le progrès. Nous devons refuser le totalitarisme financier de Monsieur Camdessus pour les mêmes raisons.

Posté par grimaudnow à 19:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur TRIBUNE DE MICHEL MAYER

Nouveau commentaire